De soif ?
De dysenterie ?
Du palu ?
De dépression ?
D'un infarctus ?
D'un cancer ?
Non, je vous le donne en mille :
De la grippe A ?
Et bien non, on va tous mourir de médiatidite aiguë !!!
Il va bon train, le train des réformes. Tchou, Tchou ! Ca y est, la loi HPST est votée ! Elle bouleverse la donne du paysage médical, en bien ou en mal. Si on
se range du côté des médecins, c'est la bronca ! Côté pharmaciens, on s'attendait déjà au pire avec la menace de l'ouverture du capital par la commission européenne, et la perte du monopole
pharmaceutique bien entamée dans certains pays d'Europe. Finalement, non seulement les menaces s'éloignent, mais notre loi HPST nous officialise dans nos fonctions de pharmacien...
- Pharmacien quoi ?
- Pharmacien d'officine ? NON.
- Pharmacien référent ? NON.
- Pharmacien coordinateur ? NON.
- Pharmacien Postier ? NON ! Ca, c'est du mauvais esprit !
- Pharmacien Correspondant ? Bonne réponse.
Et oui, on nous a trouvé un petit nom sympathique qui n'ennuie pas trop les médecins et devrait redorer notre beau blason abîmé. Pharmacien tout court, ça ne le fait pas, n'est-ce pas ? Au fait,
quel métier exercions nous avant d'être Pharmacien Correspondant ?
Certes, nos laboratoires n'ont plus le temps ni les moyens de visiter toutes les pharmacies de France. Ca coûte cher la Visite Médicale. La restriction budgétaire est à tous les étages. On vire
notre bon vieux commercial avec qui on avait noué des relations d'amitié durable absolument pas gangrenées par l'intérêt financier de nos rencontres. On le remplace par des téléphonistes
délocalisés au Maroc, en Tunisie... chargés de nous proposer mécaniquement les offres commerciales que notre bon vieux délégué nous énonçait autour d'un bon café (ça c'est pour ceux qui
offrent le café !).
Fini le temps romanesque de nos tête à tête intimes. Fini le temps béni de nos tractations scabreuses :
- Je t'en fais 48 mais tu me donnes du coffre.
Aujourd'hui, c'est Marion du centre d'appel qui nous téléphone à n'importe quelle heure de la journée pour nous proposer un catalogue de 130 références pour lesquelles tu as x, y et z
paliers à des conditions toutes différentes.
- Attends de voir si je me souviens : pour 12, tu as 3.7% de remise, pour 48 c'est 4.5% et pour... Mince, je ne m'en souviens plus !
Elle ne peut pas t'écrire les conditions, Marion, elle n'a pas le droit. Alors, elle t'envoie le catalogue par fax et toi tu prépareras gentiment ta commande, au calme. Ne t'inquiète
pas, elle te rappellera pour t'énoncer à nouveau les conditions tarifaires avantageuses de son labo et pour saisir ta commande, à n'importe quelle heure de la journée, peut être même en plein
coup de bourre, au moment où plus de dix personnes attendent derrière ton comptoir (ça c'est pour les plus chanceux !). Toi , tu lui répondras que tu es coincé au comptoir et que tu la
rappelleras. Mais Marion est trop bonne, c'est elle qui te rappellera entre deux clients, deux coups de fil de Boiron, un appel d'association pour les petits enfants hospitalisés ou un appel de
vendeur de cartouches OKI. Et la commande surnagera tant bien que mal sur ton bureau déjà bien encombré de fax et sollicitations en tous genres. Mais ne t'inquiète pas, Marion veille au grain et
finira bien par te serrer dans ton officine un jour où tu seras disponible, sans le café cette fois et sans le reste...!
sgud
Si je cherche le sens du mot "confraternel", je trouve : "Qui a rapport aux relations entre confrères ou consoeurs". J'approfondis ma recherche avec le mot confrère, "personne qui
appartient à une profession [...], à une société, à une compagnie etc...". Cela ne m'avance guère. Le sens du mot "confraternité" m'éclairera peut être : "Bonnes relations entre
confrères et consoeurs". Je suis franchement déçue par les défintions du Petit Robert. Moi qui avais fondé tous mes espoirs dans la "Confraternité" qui nous lie entre pharmaciens.
Je nous vois réduits à de simples bonnes relations entre collègues. Si je détaille l'éthymologie du mot "confraternité", j'entrevois alors le sens et l'essence que j'y recherchais :
"con-" et "-fraternité". Je m'attacherais au suffixe "-fraternité", laissant la nature du préfixe aux esprits mal tournés et à ceux qui pourront s'y reconnaître.
"Fraternité", ce mot résonne bizarrement à mes oreilles. Nous sommes loin de la "bonne entente" préconisée par le Petit Robert et par la fraternité qui devrait aller avec.
Déçue, je suis du faible écho reçu de mes bouteilles à la mer lancées au chevet de pharmaciens trop occupés à compter leur tiroir caisse.
Déçue, je suis du nombrilisme apparent, bien qu'inavoué, de la plupart d'entre-nous.
Déçue, je suis de l'absence de prise de position même minime d'une profession en déroute.
Quand la base se fout de la base et que l'élite s'occupe de l'élite, que reste-t-il à l'entre-deux essayant vainement de réveiller quelques consciences fatalement endormies ? La colère et un
grand dépit.
A bon entendeur, salut !
sgud
A l'heure où l'on parle de restriction des dépenses de santé, de taxation des profits, de supression des
marges arrières, une seule chose compte pour notre pharmacien gros ou petit : la rentabilité. La politique stricte des laboratoires pharmaceutiques visant à limiter notre capacité à négocier avec les commerciaux a suscité chez l'officinal la
nécessité de se grouper pour obtenir les meilleurs conditions tarifaires. En effet, les conditions commerciales varient entre les officines et l'écart se creuse entre les petites et les grosses.
Ce différentiel de prix d'achat se répercute sur les prix de vente tout à fait disparates d'une officine à une autre. Malgré les actions "coup d'épée dans l'eau" de l'Ordre et de quelques
gros groupements qui préparent leur place au soleil, le sacro-saint "CONSEIL" du Pharmacien Professionnel de Santé n'est plus le seul critère d'élection du consommateur.
Or notre consommateur averti qui regarde la télé, à qui on parle de prix bas et de diminution de son pouvoir d'achat, ne retient qu'une chose à la sortie, le prix du Fervex est à 3.50 €
chez Mme Tartenpion alors qu'il est à 5 € chez Mr Tutefousdemoi : c'est scandaleux ! C'est une réalité économique qui nous fouette quotidiennement. Comment expliquer au client que Mr
Tutefousdemoi a acheté son Fervex par le grossiste car UPSA n'a pas daigné le visiter, vu son faible chiffre d'affaires ? Alors que Mme Tartenpion qui a stocké 3000 boites pour
l'année, l'a acheté trois fois moins cher que Mr Tutefousdemoi.
CQFD : se regrouper ou mourir.
sgud
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